• 2 octobre 2020

«Avec Marie, devenir des hôtes de Dieu »

«Avec Marie, devenir des hôtes de Dieu »                                                                                                                                         Solennité de l’Assomption de la Très Sainte Vierge MarieVingtièmeDimanche du Temps Ordinaire/A

Ap11, 19; 12, 1-6.10; Ps 44, 11-16; 1 Cor 15, 20-27; Lc 1, 39-56

Le mot français « hôte » a ceci d’étrange qu’il sert à désigner deux personnes «opposées»: celle qui reçoit quelqu’un et celle qui est reçue par quelqu’un d’autre.

Nous voilà face à un unique mot qui traduit bien la solennité de ce dimanche: Marie, celle qui a reçu le Seigneur sur cette terre, est reçue également dans la gloire céleste. Marie devient donc l’étoile de l’espérance chrétienne: en accueillant le Seigneur dans nos cœurs, c’est notre propre accueil qui est préparé par et en Dieu.

La Vierge Marie, Mère de Dieu, a reçu dans son sein le Fils de Dieu, vrai Dieu et vrai Homme. C’est ce qu’Elisabeth déclare en voyant venir Marie: « d’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi?». Cette phrase nous rappelle presque littéralement celle prononcée par David à l’approche de l’arche: «Comment l’arche du Seigneur pourrait-elle venir jusqu’à moi?» Dans le judaïsme, l’arche était le coffre sacré qui était investi de la présence de Dieu. La description de la rencontre d’Elisabeth et Marie voudrait donc nous faire découvrir Marie comme cette nouvelle arche par laquelle le Seigneur vient à la rencontre de l’humanité.

Grâce à cet accueil réservé à Dieu, Dieu accueille également Marie dans sa gloire. L’évangile le dit à travers cette déclaration de Marie : «toutes les générations me proclameront bienheureuse.» Bienheureux (Makarios en grec) qualifie ici quelqu’un qui participe à la gloire de Dieu, en bénéficiant de la béatitude ou félicité céleste. Car le bonheur, c’est Dieu lui-même (Cfr Mt 5, 1-12). Marie est donc celle qui est reçue dans la gloire de Dieu. C’est ainsi que, depuis les premiers siècles, la foi des fidèles a cru ce que l’Eglise finira par formuler ainsi: «Marie […], à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée dans son corps et dans son âme à la gloire céleste.» Cette élévation (assomption) est due au fait que son corps n’a donc pas connu la dégradation que provoque le péché (originel). La Vierge Marie, par «une grâce et un privilège spécial», a justement été préservée et exemptée «de toute tâche du péché originel» dans sa conception, parce qu’elle devait être une demeure digne pour recevoir le Seigneur. Dieu ne pouvait pas habiter dans un corps souillé par le péché des origines (Cfr Ps 84, 2-3.10) Ainsi l’appelons-nous l’Immaculée Conception.

Du latin «ad sumere» qui signifie «être transporté vers», l’assomption se distingue de l’ascension (ascendere, monter) en ce que le Christ est monté par lui-même; alors que Marie a été élevée par Dieu. L’assomption de la Vierge Marie nous concerne donc directement. Nous aussi, nous attendons d’être transportés par Dieu dans sa gloire. En célébrant cette solennité, c’est notre propre assomption future que nous contemplons, c’est-à-dire nous attendons que Dieu réalise en nous ce qu’il a réalisé en la Vierge Marie. Marie devient pour nous «la première en chemin» du salut. Elle demeure pour tous les hommes la ligne d’horizon et d’espérance. En elle, nous contemplons la grâce de la résurrection du Christ en œuvre et en marche. Elle est le témoignage toujours actuel de la victoire de la résurrection du Christ sur la mort.(Cfr deuxième lecture).

La Vierge Marie nous apprend à devenir doublement hôtes du Seigneur. Nous devons être des hôtes qui accueillent le Seigneur dans leurs cœurs par un véritable oui qui change la vie, qui rend disponibles aux imprévus des projets de Dieu, comme le dit figurativement le psaume graduel: «Ecoute […] regarde et tends l’oreille; oublie ton peuple et la maison de ton père». Une fois que nous L’avons véritablement accueilli, le Seigneur fera de nous ses hôtes qui seront accueillis dans sa gloire. Néanmoins, ceux qui l’ont accueilli, ceux qui cherchent à enfanter Jésus par leur témoignage de vie, c’est-à-dire les futurs hôtes de Dieu, passent par bien des épreuves et des douleurs, comme la première lecture le décrit à travers l’image de la femme. Etant donné que la Vierge Marie a aussi connu ce creuset de souffrance, elle, première en chemin, devient également pour les croyants un réel refuge. C’est pour cette raison de secours perpétuel que le Christ nous l’a donnée pour Mère (Jn 19, 26). Que son intercession secourt notre marche vers la gloire céleste!

Dans L’âme antique était rude et vaine, un des plus magnifiques poèmes sur la Vierge Marie, le poète français Paul Verlaine écrivait : «C’est […] une mère. Mais quelle mère de quel fils! […]Elle participe au Supplice qui sauve toute nation. Attendrissant le sacrifice par sa vaste compassion. Et comme tous sont les fils d’elle […], Au jour qu’il faudra, pour la gloire Des cieux enfin tout grands ouverts, Ceux qui surent et purent croire […] Ceux-là vers la joie infinie […] Monteront d’une aile bénie Aux plis de son assomption.» (Sagesse, 1881)

Abbé Dieu Merci Diwampovesa                                                                                                                                           Prêtre du diocèse de Matadi

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