• 22 janvier 2021

Mgr Félicien Ntambue : « Avec Jésus, il s’agit d’une paix intégrale, une paix profonde que Lui seul peut donner ».

MESSAGE DE SON EXC. MGR FELICIEN NTAMBUE ÉVÊQUE DU DIOCÈSE DE KABINDA A L’OCCASION DE NOEL 2020

« Le Prince-de-la-Paix et le signe de la mangeoire  au cœur de nos vies »(Isaïe 9, 5 ; Luc 2, 12)

Mes chers diocésaines et diocésains, Chers frères et sœurs, hommes et femmes de bonne volonté,

Salut et bénédictions abondantes dans le Seigneur.

  1. Notre première Noël. Trois mois après mon sacre qui avait eu lieu le 27 septembre 2020 nous aurons la joie de célébrer ensemble, dans notre diocèse et pour la première fois, la naissance de notre sauveur. J’imagine que cette joie est d’autant plus grande que c’est la première Noël que notre diocèse célébrera avec son évêque depuis le retour au ciel de son pasteur précédent, Mgr Valentin Masengo Nkinda, d’heureuse mémoire. Paix à son âme. C’est donc avec une joie immense, avec empressement et une affection particulière que je vous adresse ce premier message à l’occasion de ma première Noël à la tête de notre diocèse.
  2. Une Noël marquée par la Covid-19 ! Cette Noël sera particulièrement marquée par le contexte de la Covid-19 avec ses nombreuses restrictions et son cortège de misères et de soucis. A la cathédrale Saint-Martin, nous commencerons la messe à 17h00 pour respecter le couvre-feu qui commence chaque jour à 21h00. Même si notre Province de Lomami n’a pas encore enregistré un seul cas de Covid-19, je vous exhorte avec insistance à vous en tenir aux mesures préventives déterminées par les experts de la santé et le chef de l’État. Vous le savez autant que moi, ces mesures sont vraiment notre seul rempart dès lors que la capacité de riposte de nos hôpitaux en cas d’infection est pratiquement nulle. Qu’on ne les néglige donc pas et qu’on se le rappelle mutuellement.
  3. Précarité généralisée et absence de paix. Nous célébrerons cette Noël dans un contexte déjà très marqué par une précarité généralisée qui est cause de beaucoup de soucis et qui nous prive de toute paix véritable même si nous ne sommes pas en contexte de guerre proprement dite. Parmi les multiples maux et vices qui minent gravement notre vie il y a lieu de citer les suivants : le manque d’infrastructures viables pour tous les services nécessaires qui entrave gravement tout effort de développement ; le manque ou le retard de versement des « rétrocessions » qui ne permettent pas le fonctionnement normal et acceptable des services publics ; le manque d’intérêt choquant pour le bien commun sans lequel la vie sociale ne peut véritablement s’épanouir ; la corruption généralisée notamment par la pratique des « rétro-commissions » ou « opérations retour » qui privent le peuple d’une bonne partie de son dû et les « labos » par lesquels des incompétents obtiennent sans les mériter des diplômes qu’ils ne savent nullement valoriser ; la perte inquiétante de l’identité de l’école catholique et la baisse choquante de la qualité de l’enseignement qui obligent de se poser la question de savoir où va notre société; l’invasion croissante, malfaisante et étouffante de la vie professionnelle et de l’administration par une (la) politique qui ne laisse pas de place au pluralisme d’opinions pourtant indispensable à toute société bonne et démocratique ; un environnement marqué par des érosions terribles qui, à bien des endroits, menacent sérieusement de couper la cité et la route nationale qui relie Kabinda à Mbuji-Mayi ; le tribalisme injustifiable qui n’est qu’une forme dégoûtante d’exclusion et de marginalisation; les conflits interpersonnels qui sapent la cohésion et fragilisent autant les personnes que les institutions; … tout cela n’est pas de nature à nous donner la paix ni à la faciliter.
  1. Il se nomme le « Prince-de-la-Paix ». C’est bien dans ce contexte que vient à nous celui qui se nomme JÉSUS qui signifie « le SEIGNEUR SAUVE » (Mt 1, 22) et dont l’un des titres est celui de « PRINCE-DE-LA-PAIX » (Is 9, 5). Il vient nous donner sa paix et, en cela, sa venue doit être pertinente pour nous tous. Il ne nous la donne pas à la manière du monde (Jn 14, 27). Car avec Lui il s’agit d’une paix intégrale, une paix profonde que Lui seul peut donner, celle que personne et rien ne peuvent perturber : la paix de notre être, la paix dans notre état de vie et dans notre ministère, cette paix qui conditionne toute autre paix, notamment la paix dans les relations interpersonnelles, la paix dans la vie professionnelle, familiale et affective.
  2. Les bienfaits de la paix que Jésus donne. C’est bien cette paix qui vient de Jésus qui fait en sorte que nous pouvons vivre en cohérence avec notre identité et notre mission, pleinement et sans contradiction. Seule cette paix profonde de notre être peut faire en sorte que nous désirions vivre pleinement notre état de vie et notre ministère et que nous les assumions joyeusement. Sans cette paix profonde de notre être, nous passerons le temps à rechercher autre chose que ce que nous avions choisi d’être, à faire ce que nous n’avions pas choisi de faire et cela sans nous inquiéter ni nous gêner. Sans cette véritable paix intérieure qui vient de Jésus, il n’est pas possible que nous soyons en paix avec nous-mêmes ni avec les autres et encore moins avec l’environnement. Que vienne Jésus nous donner sa paix. Puissions-nous ouvrir nos cœurs pour les disposer à recevoir sa paix. Lui seul peut véritablement nous sauver.
  3. Le signe de la mangeoire (Lc 2,12). Il n’y a pas mille recettes pour recevoir la paix que Jésus donne. Cette paix particulière n’est pas garantie par les plus hautes études, les titres, les grades, les diplômes, la prospérité matérielle, la célébrité ou la popularité mondaines, … Au fait, pour recevoir la paix de Jésus et pouvoir la diffuser autour de soi, il faut et il suffit d’être branché sur Lui, de se nourrir de Lui. Tel est le sens profond du signe qui nous est donné à Noël. Le signe de l’enfant couché dans une mangeoire est l’expression de l’amour du Père qui a jadis nourri son peuple par la parole des prophètes et qui, à Noël, vient cette fois le nourrir d’une nourriture impérissable, sa Parole qui a pris chaire et qui est placée dans la mangeoire pour la subsistance de son peuple.
  4. Plénitude de vie dans la mangeoire, une paix intégrale. Il y a plénitude de vie (= paix intégrale) dans cette mangeoire pour quiconque vient s’y nourrir. Ainsi, l’enfant placé dans la mangeoire ne se donne pas à être admiré comme on admire une œuvre d’art. Il se donne plutôt à être consommé par les brebis de Dieu que nous sommes. Jésus placé dans la mangeoire demande à quiconque vient s’incliner devant lui : jusqu’où m’as-tu consommé et assimilé dans ta vie, t’es-tu nourri déjà assez nourri de moi, es-tu vraiment branché ou connecté sur moi ?
  5. Fêter Noël en vérité ou l’exigence de se convertir. Noël vient avec l’exigence de nous débrancher de toutes ces idéologies (matérialisme, individualisme, tribalisme, opportunisme, pessimisme, négativisme, relativisme, …) où nous avons accroché nos vies pour les reconnecter sur Jésus afin d’être sauvé comme peuple et comme diocèse. Il y a à cette Noël un appel fort à la conversion sincère, profonde et résolue pour chacun et pour tous. Cette conversion consistera à retourner vers Jésus pour nous nourrir de Lui, pour faire de Lui la référence absolue et non négociable pour notre vie personnelle et sociale. C’est ma prière et mon souhait pour nous tous.

Saintes fêtes de Noël 2020 et de Nouvel An 2021. Avec ma bénédiction apostolique pour chacun et chacune.

Fait à Kabinda, le 24 décembre 2020

Mgr Félicien NTAMBUE KASEMBE, CICM                                                                                                                                             Évêque de Kabinda

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