• 18 avril 2021

Mgr Kwambamba : « Jésus recourt à tous les moyens possibles pour sauver son peuple »

Mgr Jean- Pierre Kwambamba, Evêque de Kenge, a présidé la célébration eucharistique du mercredi 24 février 2021 marquant le 3ème jour des travaux du Comité Permanent de la CENCO à Kinshasa. L’évêque s’est appuyé sur le livre de Jonas 3, 1-10 et l’évangile de Luc 11, 29-32 pour sa prédication. Voici l’essentiel de son homélie:

 

En ce temps-là, comme les foules s’amassaient Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas ».

Excellences,

Frères et sœurs,

Apparemment, ce passage contraste nettement avec d’autres récits de rencontre de Jésus avec les foules dans les évangiles. Je pense tout spécialement à ce passage de Mt 9,36 : Voyant la foule, Jésus fut ému de compassion pour elle, parce qu’elle était languissante et abattue comme des brebis qui n’ont point de berger.

Au contraire, dans le passage d’aujourd’hui, ce qui semble apparaître de prime abord c’est un certain découragement, une certaine déception qui  mènera Jésus plus tard à s’exclamer : « Mais quand le Fils de l’homme reviendra trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

La génération à laquelle le Seigneur s’adresse n’est pas seulement la génération de ses contemporains. Il s’adresse à toutes les générations qui se succéderont jusqu’à son retour. Il s’adresse  à toutes ces générations qui veulent se servir de Dieu au lieu de  servir Dieu. C’est aussi notre génération, la génération de ceux qui veulent une guérison immédiate et  passent d’une église à une autre, d’un pasteur à un autre, c’est la génération de ceux qui sont prêts à tout sacrifier pour avoir un poste ministériel, la génération de nos sœurs cadettes, nos nièces et nos cousines qui recherchent le signe d’un mariage. Tout cela ce sont des gesticulations, mais ce n’est pas cela qui fonde l’homme.

Apparemment, Jésus ne manifeste pas sa compassion à cette génération, ce sont plutôt des remords, un sentiment de déception. A vrai dire, l’évocation de Jonas est encore une expression de sa compassion, car il ne se fatigue pas, il aime ce peuple, ses gesticulations, il recourt à tous les moyens possibles pour sauver son peuple.

Le signe que Jésus va donner à la génération mauvaise c’est lui-même. De la même manière que Jonas s’est laissé jeter par-dessus bord afin d’apaiser la tempête et sauver les marins, Jésus s’est aussi laissé jeter par-dessus bord pour apaiser les tempêtes du péché qui menacent nos vies.

Le signe que Jésus donne aux mauvais de chaque génération c’est le signe de sa mort et de sa résurrection. L’exhortation de Jésus aux générations qui réclament de signes reste donc une expression de son amour.

A travers ce signe de Jonas, le Seigneur nous donne également une invitation à la confiance, car Dieu est capable de sauver l’homme, de le convertir de la même manière que les jeunes gens de Ninive se sont convertis, et que la reine païenne a accueilli la sagesse de Salomon. Tout homme peut se convertir de cette génération mauvaise.  Il ne faudra donc jamais enfermer l’homme dans son passé, dans son histoire, dans ses péchés.  Il faudra admettre que l’homme peut un jour se convertir.

Et là, le signe de Jonas ne sera pas seulement l’appel à la conversion, le signe de Jonas qui devrait nous  interpeller aujourd’hui comme pasteurs, c’est aussi son refus d’accepter le premier appel du Seigneur.

Mais Jésus est encore le signe de Jonas dans un autre sens. Jonas était une icône et un agent de conversion. Grâce à sa prédication : « Encore 40 jours, et Ninive sera détruite », les Ninivites païens décident de jeûner et de se repentir. Pendant les 40 jours de Carême, Jésus prêche notre conversion.

C’est peut-être intéressant de nous rappeler encore l’origine de cette période de Carême dans l’Eglise. Comme nous le davons c’est surtout autour du catéchuménat et plus tard de la pénitence publique que se sont développés la Semaine sainte et puis le Carême.  Le Carême qui commençait alors le premier dimanche et non le mercredi des Cendres  fut une période de préparation plus ou moins immédiate pour les catéchumènes qui allaient recevoir le baptême dans la nuit de Pâques. Les pénitents publics se faisaient imposer les cendres en attendant le jour de leur réconciliation avec l’Eglise, le Jeudi Saint, pour participer à l’Eucharistie le jour de Pâques.

Pour ce qui est des 40 jours de jeûnes, on s’est rendu compte que du 1er dimanche de Carême à la fête de Pâques on avait effectivement 40 jours, mais pas 40 jours de jeûne, puisque les dimanches en sont exclus, le dimanche n’est pas un jour de jeûne. Ainsi pour avoir 40 jours de jeûne, sans les dimanches, on a dû avancer la période pour la faire commencer le mercredi des Cendres.

D’autre part, l’imposition des cendres réservée autrefois aux pénitents seulement a été étendue à toute la communauté comme expression de la communion ecclésiale dans une démarche commune de conversion afin de ressusciter tous avec le Christ.

Il ya exactement une semaine, le mercredi des Cendres, que nous nous sommes couverts des cendres, et chacun a entendu ces paroles de la première homélie de Jésus : « Convertissez-vous et croyez à l’évangile ».

La question pour nous nous : Avons-nous déjà répondu avec une conversion profonde comme les Ninivites ? Confions-nous à l’intercession de la Vierge Marie afin que sa prière nous obtienne la grâce d’un repentir sincère.

Propos recueillis par JR Bompolonga

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