• 18 avril 2021

Mgr Lubamba : « Le véritable fils prie avec insistance son père dans un abandon total à sa providence »

Le jeudi 25 février 2021 marque le quatrième et dernier jour de la session ordinaire du Comité Permanent de la CENCO. Mgr Placide Lubamba, Evêque du diocèse de Kasongo, a présidé la célébration eucharistique avant le début des travaux. Il a introduit la messe avec plusieurs questions reprises ici. Puis, dans son homélie basée sur le livre d’Esther 4, textes entrecoupés et l’Evangile de saint Mathieu 7,7-12, l’évêque a insisté sur la prière faite avec assurance par le fils à l’endroit de son Père :  

 

Excellences,                                                                                                                   Frères et sœurs,

Le Carême est un temps de grâce pour trouver notre identité et notre destinée. Dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus dit à ses disciples « Demandez et vous recevrez ». Nous ne pouvons connaître Dieu que dans la mesure où nous nous connaissons nous-mêmes. Sommes-nous revêtus d’humilité et aussi du courage ? Avons-nous essayé de demander ? Si oui, de quelle manière ? Est-ce doucement ou avec inquiétude ? Savons-nous nous adresser au Seigneur avec patience, espérance et totale confiance ?

L’Evangile que la liturgie nous propose aujourd’hui pour notre méditation peut comprendre deux sections : un premier ensemble qui traite de la prière, un second constitué du dernier verset appelé communément la règle d’or.

L’enseignement que Jésus donne dans l’Evangile d’aujourd’hui doit être mis en relation avec son enseignement d’hier et d’avant-hier où il invitait ses disciples à demander non avec force de paroles mais en s’en remettant avec confiance au Père qui connaît bien le besoin de chacun de ses enfants. Cette attention filiale est explicitée ici encore davantage par Jésus.

« Demandez, et vous recevrez, cherchez vous trouverez ; frappez la porte vous sera ouverte. Celui qui demande reçoit, celui qui cherche trouve, et pour celui qui frappe la porte s’ouvre… » Ces paroles de Jésus traduisent l’assurance d’être exaucés dans toutes nos demandes. Et c’est bien cette assurance qui reflète la qualité de notre relation filiale par rapport à notre Père. Celui qui se reconnaît pleinement ne doute pas de son père.

Pour appuyer cette idée, l’évangéliste utilise l’argument a fortiori propre au judaïsme de l’époque de Jésus : « Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent ». Il s’agit donc de demander et demander quelque chose de précis. En effet, un fils ne se sent en rien dispensé de demander à son père.

Car le Père se réjouit de la confiance de son fils, lorsque celui-ci lui adresse des intentions bien concrètes. Il se voit alors reconnu dans sa paternité. Dans notre passage d’évangile, il n’est pas précisé ce qui sera donné, ce qui sera trouvé ou le lieu qui sera ouvert. Ainsi le véritable fils prie avec insistance son père dans un abandon total à sa providence.

Tous, introduits dans cette liberté filiale, nous nous découvrons alors  enfants d’un même père et nous nous recevons comme frères et sœurs. C’est à partir de là que nous avons la clé d’interprétation du dernier verset de l’évangile de ce jour : « Donc, tout ce que vous  voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi, voilà ce que dit toute l’écriture, la loi et les prophètes ». Cette Règle d’or que l’on trouvait déjà dans le livre de Tobie (4,15) sous la forme « Ce que tu n’aimes pas, ne le fais à personne », reçoit à cet endroit dans la bouche de Jésus un sens nouveau.

Elle exprime le souhait d’être accueilli par les hommes en fils du Père, ce qui exige que nous devenions frères de tous dans le même élan d’Amour que celui du Père vis-à-vis de chacun d’entre nous. Jésus interprète ici tout l’Ancien Testament. Il explicite pour les disciples le deuxième grand commandement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » en nous faisant comprendre que le modèle d’agir de fils de Dieu envers leurs frères en humanité c’est l’agir du Père à travers lui, Jésus, à l’endroit de chacun de nous : Vouloir le salut de chacun de nous et œuvrer en ce sens.

C’est là le fondement de l’Amour, c’est là l’essentiel. C’est aussi là toute l’écriture.

Propos recueillis par JRB

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