• 25 octobre 2020

Mgr Marcel Utembi : « L’appel à la conversion, à la suite du Christ, s’adresse à nous aujourd’hui »

L’Assemblée Plénière des Evêques de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a démarré le lundi 12 octobre 2020 au siège de Caritas à Kinshasa. La messe d’ouverture a été dite par Mgr Marcel Utembi Tapa, Archevêque de Kisangani et Président de la CENCO, qui a mis un accent particulier sur la conversion dans son homélie dont nous vous proposons l’intégralité :

 

HOMELIE DE S.E. MGR MARCEL UTEMBI,

PRESIDENT DE LA CENCO,

A LA MESSE D’OUVERTURE DE

LA 57ème ASSEMBLEE PLENIERE DE LA CENCO

12 octobre 2020

 

Ga, 4,22-24.26-27.31 – 5,1

Lc 11, 29-32

 

Eminence,

Excellences,

Chers frères et sœurs,

 

La Parole de Dieu que la liturgie propose à notre méditation, en ce lundi de la 28ème semaine du temps ordinaire, nous invite à approfondir notre foi et à vivre en enfants de Dieu libérés de toute entrave.

La première lecture nous montre l’Apôtre Paul qui est, comme l’indique le tout premier chapitre de sa lettre, confronté aux Galates qui se sont convertis au Christ, mais voilà qu’ils veulent se placer encore sous l’esclavage des pratiques de l’ancienne alliance. C’est alors que Paul leur rappelle la valeur de la « Nouvelle alliance » : la libération apportée par le Christ.

Paul en appelle ainsi au changement de vie : « tenez bons, ne prenez pas les chaînes de votre ancien esclavage ». Avec ces paroles, il invite les Galates à se tourner vers le Christ pour avoir part avec Lui aux choses divines. Il recourt à l’histoire d’Abraham pour bien se faire comprendre et en appelle à la libération intérieure.

C’est à ce changement de vie pour la libération intérieure que le passage de l’évangile nous invite.

Tout part de la foule qui devenait de plus en plus nombreuse autour de Jésus, assurément des curieux se sont ajoutés aux disciples, et Jésus se mit à leur dire :

« Cette génération est une génération mauvaise : elle demande un signe ». Le Seigneur l’appelle mauvaise parce qu’elle conditionne son adhésion à sa personne à des miracles spectaculaires.

Ceci nous rappelle bien les tentations de Jésus au désert au début de son ministère public et que nous lisons par exemple chez Mt 4,1-11 : «si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains…. ». Cet épisode résume l’attitude de ceux qui exigeaient que Jésus garantisse sa mission de prophète et de Messie par des prodiges, des gestes spectaculaires. Même de nos jours, nombreux sont les chrétiens qui sont en quête des miracles pour mesurer la toute-puissance de Dieu.

Nous savons que Jésus n’a jamais accepté d’agir ainsi, même devant ses compatriotes de Nazareth, lorsqu’il percevait un manque de foi dans le chef de ses auditeurs.  Par contre, il répond « Cette génération est mauvaise, mais en fait de signe, il ne lui sera donné que celui de Jonas » (Lc11, 29). Ce signe, chez  Saint Luc, c’est l’appel au repentir adressé aux habitants de Ninive. En revanche, chez Saint Matthieu, c’est la Résurrection.

Ce sont de signes non de spectacles, de quoi émerveiller les curieux,  mais des signes de l’Amour de Dieu pour nous et dont la Résurrection de Jésus est le signe le plus puissant. Ces signes appellent à la conversion. Cette conversion ne consiste pas seulement au fait de nous détourner de telle ou telle conduite ; elle est l’adhésion à la personne du Christ lui-même, car c’est Lui qui nous aide à nous tourner vers Dieu.

Cette conversion est à vivre à chaque instant de notre vie ; elle doit nous amener à poser des actes concrets, des actes de charité envers Dieu et envers nos frères et sœurs.

L’appel à la conversion, à la suite du Christ s’adresse à nous aujourd’hui. Nous sommes appelés à en faire l’expérience avant de le répercuter aux autres, particulièrement à ceux dont la charge pastorale nous est confiée.

L’Assemblée Plénière que nous commençons aujourd’hui, ce temps d’échanges et de partages fraternels autour de multiples défis pastoraux, auxquels notre Eglise et notre société font face, est un temps de purification de notre regard, un temps de changement de vie et d’élévation de nos cœurs pour les tourner vers le Seigneur qui a les Paroles de vie éternelle.

En effet, les multiples difficultés que nous connaissons ne peuvent changer, si chacun, en commençant par nous Pasteurs, ne fait un effort de changer de vie et de marcher sans condition à la suite de Notre Seigneur Jésus Christ.

Puissions-nous demander au Seigneur cette force intérieure : la capacité de changer notre vie, et d’agir ainsi en hommes libérés par le Christ ressuscité.  AMEN !

 

Mgr Marcel UTEMBI TAPA

Archevêque de Kisangani

Président de la CENCO

 

 

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