• 30 novembre 2021

Mgr Marcel Utembi : « Le Chrétien doit donner du goût à la vie par sa joie, par sa foi vive et son espérance face aux multiples défis »

Après la réunion des Commissions épiscopales le lundi 7 juin 2021, et conformément au calendrier de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), le Comité Permanent de l’Episcopat congolais a démarré ses travaux le mardi 8 juin 2021 au siège de la Caritas Asbl, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa. Comme d’habitude, le début des travaux a été précédé par une célébration eucharistique dite par Mgr Marcel Utembi Tapa, Archevêque de Kisangani et Président de la CENCO. Le site de l’Episcopat congolais vous propose l’intégralité de son homélie :

 

HOMELIE DE S.E. MONSEIGNEUR MARCEL UTEMBI, PRESIDENT DE LA CENCO, A LA MESSE D’OUVERTURE DU COMITE PERMANENT

8 JUIN 2021

1ère lecture : 2 Co 1, 18-22

Evangile : Mt 5, 13-16

 

Eminence,

Excellence,

Chers frères et sœurs,

 

  1. Nous venons de suivre les deux lectures bibliques que l’Eglise, notre Mère, propose à notre méditation en ce jour. La première lecture est un extrait de la seconde lettre de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens, et l’évangile selon Saint Matthieu est un passage tiré du sermon sur la montagne.

 

  1. Ces deux lectures nous donnent de savoir ce que nous devons être, à savoir : des disciples convaincus et cohérents ! Ne pas être à la fois « oui » et « non » dans nos propos et dans notre vie, comme le recommande l’Apôtre Paul. C’est une invitation  à la lutte contre la duplicité dans la vie chrétienne.

 

  1. Le texte de l’évangile de Matthieu est constitué de deux courtes paraboles. Jésus s’adresse à ses disciples qui sont avec lui sur la montagne. Nous savons bien, la montagne dans la Bible est le lieu de la rencontre de l’homme avec Dieu. Jésus utilise deux images : le sel et la lumière, deux éléments connus dans le monde entier dont l’humanité  a besoin. À toute nourriture, le sel donne goût et saveur, il assainit, conserve, vivifie. La lumière éclaire, illumine, oriente et donne la joie.

 

  1. Le sel est mis en rapport avec la terre, et la lumière avec le monde : «Vous êtes le sel de la terre (…). Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5,13-14). La terre et le monde sont deux termes synonymes.  La terre est un don de Dieu à l’homme. Il l’a créée et confiée à ce dernier en lui assignant une double mission, celle de la travailler et de la garder : « Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde »  (cf. Gn 2, 15).

 

  1. La terre n’appartient pas à l’homme mais à Dieu. L’homme en est simplement le gardien et il doit  travailler la terre dans le respect des limites lui imposées par le propriétaire. Le monde, en référence par exemple à l’évangile de Jean, est le lieu de la lutte contre les forces du mal. Il est au pouvoir des puissances des ténèbres.

 

  1. Le monde, c’est l’image de notre société caractérisée aujourd’hui par beaucoup de souffrances : les guerres, les injustices, les violences, les discriminations, le tribalisme, etc. Plusieurs personnes ont perdu le sens de la vie et disent qu’elle ne vaut pas la peine d’être vécue, car elle est remplie des difficultés et des souffrances. C’est là que Jésus nous parle : « vous êtes le sel de la terre », « vous êtes la lumière du monde », pour dire que le Chrétien doit donner du goût à la vie par sa joie, par sa foi vive et son espérance face aux multiples défis.

 

  1. Face au monde, Jésus attend de ses amis une performance de transformation. Celle-ci s’accomplit et réussit au regard de leurs bonnes œuvres, et non dans l’enseignement reçu ou dans la reproduction de la doctrine. La place est faite à la transforamtion et à des déterminations nouvelles, dictées par l’Evangile.

 

  1. De ce fait, en tant que sel, le disciple du Christ doit préserver de la pourriture: là où il y a des chrétiens à la foi vive, il ne peut y avoir de l’injustice, ni de la violence, ni d’abus des plus faibles, au contraire, l’esprit de charité doit briller dans toute sa splendeur. C’est pourquoi, en voyant nos bonnes œuvres, les hommes rendront gloire, non pas à nous, mais à Dieu. À travers nous, à travers tout ce que nous faisons, c’est Dieu qui doit être vu et adoré.

 

  1. Ainsi, le chrétien devient lumière du monde (cf. Mt 5,14). Le chrétien est le flambeau qui, par son exemple, apporte la lumière de la vérité dans tous les recoins du monde, en montrant le chemin du salut. Là où régnaient les ténèbres, l’incertitude et le doute, naissent la clarté, la certitude et l’assurance.

 

  1. Cette lumière du monde que nous sommes appelés à être, se trouve dans notre oui à la volonté sainte de Dieu. Comme nous le dit saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens, c’est dans la nuit de la vie, dans les souffrances et les peines qu’il nous faut dire un oui total à la parole vivante de Dieu (cf. 2 Co 1, 18). C’est par son oui à son Père que Jésus s’était fait tout à tous.
  2. En ce jour où nous débutons notre réunion du Comité Permanent, pour refléchir sur les orientations pastorales de notre Eglise en RD Congo, tournons-nous vers Dieu, c’est Lui qui nous a consacrés et c’est Lui qui par son Esprit, peut faire de chacun de nous le vrai sel et la vraie lumière pour notre pays. AMEN !

 

 

Mgr Marcel UTEMBI TAPA

Archevêque de Kisangani

Président de la CENCO

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