• 18 avril 2021

Mgr T. Iluku: « N’ayez pas peur! Il est Ressuscité; Il n’est pas ici…»(MC 16,6)

« Si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi… »(1Co 15,17).  « La foi chrétienne tient par la vérité du témoignage selon lequel le Christ est ressuscité des morts, ou bien elle s’effondre. Jésus est ressuscité, quelque chose  de véritablement nouveau s’est produit qui change le monde et la situation de l’homme. Lui, Jésus devient alors le critère, sur lequel nous pouvons nous appuyer. Car Dieu s’est vraiment manifesté. La résurrection de Jésus n’est pas un événement singulier, que nous pourrions négliger et qui appartiendrait seulement au passé, mais elle est une sorte de mutation décisive, un saut de qualité. Dans la Résurrection de Jésus, une nouvelle possibilité d’être homme, d’être femme a été atteinte, une possibilité qui intéresse tous les hommes et femmes et ouvre un avenir, un avenir d’un genre nouveau ». (Allard, dimanche de Pâques 2021).

Nous sommes réunis aujourd’hui grâce à la transmission de cette Bonne Nouvelle à travers les siècles. Nous célébrons la victoire de la vie sur la mort. Nous célébrons Jésus Christ, notre espérance, qui donne un sens à notre vie, malgré les angoisses, les souffrances et les difficultés de tous les jours.

L’énorme pierre qui scellait le tombeau est le symbole de notre incapacité de vaincre la mort par nous-mêmes. « Les femmes se disaient entre elles : <Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau?> – Puis elles se rendirent compte qu’on avait roulé la pierre, qui était très grande.» (Mc 16,3-4). Ce détail concret est souligné par les quatre évangélistes. Pour Marc et pour nous aujourd’hui, cette pierre indique qu’une véritable muraille sépare l’être humain de la résurrection : « qui pourrait enlever cet obstacle » ?» Seul Dieu peut supprimer le poids écrasant de la mort qui pèse sur l’humanité.

Ce qui est important dans le récit d’aujourd’hui, ce n’est pas la tombe vide mais l’annonce de la résurrection. Les femmes ont rencontré un messager qui leur révéla la résurrection de Jésus. Pâques c’est la fête de cette grande révélation ; c’est la fête de la joie et de l’espérance. Les femmes furent saisies de stupeur, mais il leur dit: « N’ayez pas peur…» Si l’apparition de Dieu bouleverse, sa présence aussitôt rassure et apaise. Le vrai Dieu n’est pas celui qui joue sur la peur, mais celui qui donne espérance.

Normalement, tout finit au cimetière. Dans l’histoire du Christ, tout commence au cimetière, autour d’un tombeau vide. Et le messager ne dit pas aux femmes : «Allez dire aux disciples de venir ici pour voir un tombeau vide.» Mais il leur dit : «Allez dire à ses disciples et à Pierre qu’ils retournent en Galilée. Là il trouveront le Seigneur». La communauté des disciples n’est pas recréée autour d’une tombe, mais autour de Jésus ressuscité. «Il n’est plus ici, il est ressuscité… Il vous précède en Galilée.» Il vous attend là où vous vivez.

Chaque dimanche, nous nous rassemblons ici dans cette église-cathédrale de la paroisse Marie-Reine de Bokungu qui est notre Galilée, autour du Christ ressuscité: «Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux.» Et le Christ de la Pâques marche avec nous, il nous accompagne : «Je suis le chemin, la vérité, la vie… Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres.»

En ce jour de la résurrection, le Christ nous invite à recommencer à vivre pleinement, à passer de la peur à la joie, du passé au présent, de la mort à la vie. Aujourd’hui, nous célébrons la plus grande victoire qui existe, la victoire du Christ sur la mort.

Nous savons très bien que les victoires de notre pauvre monde ne résistent pas à l’usure du temps. Dans les sports, les victoires durent le temps d’une saison, puis tout est oublié. En politique, les dirigeants d’états sont élus avec fanfare et grandes célébrations, puis la population se lasse de leurs erreurs et leur corruption. Les sondages les condamnent alors à une défaite souvent humiliante.

Dans la première lecture, Saint Pierre est à Césarée, il est reçu par Corneille, un officier militaire romain. Ce fait nous pousse à chercher la raison pour laquelle Pierre pouvait s’être logé chez Corneille, un païen…  En outre, n’oublions pas que précédemment il avait accompli deux miracles avec la puissance du Saint-Esprit :  Il a guéri Ennée de Lydde et a ressuscité Tabitha de Joppé (miracle nous rapporté aujourd’hui).  Ces deux miracles assurent Saint Pierre que le Christ est effectivement ressuscité et qu’Il est avec lui à travers ces faits accomplissant ainsi ce qu’Il leur avait promis : en mon nom, vous expulserez les démons, vous guérirez les malades et vous rendrez la vie aux morts.

Le troisième miracle qu’accomplit Saint Pierre est son logement chez Corneille, chef militaire, païen mais ami des juifs. Cela est inadmissible parce que normalement un juif ne pouvait pas entrer chez un païen et plus grave encore chez un soldat romain. En effet, les Romains étaient considérés par les juifs comme des pécheurs, des gens de mauvaise vie et des envahisseurs qui ne connaissent pas Dieu. Mais conduit par l’Esprit de Dieu, Pierre va franchir les barrières et les préjugés socio-relligieux: il entre chez Corneille et proclame la Bonne Nouvelle pour accomplir la demande de l’Esprit-Saint selon laquelle il devait aller proclamer la puissance de Dieu auprès de ceux qui ne Le connaissent pas. L’Esprit de Dieu, l’Esprit de sagesse, l’Esprit d’amour nous révèle tout. En arrivant chez Corneille, il se produit un miracle de grande envergure : après l’annonce de la résurrection du Christ d’entre les morts et son rachat pour l’humanité à Corneille, ce dernier se convertit et accepte de se faire baptiser, lui-même ainsi que toute sa famille. Cela revient à dire que tout pécheur, quel que soit son péché, s’il se convertit, peut-être bénéficiaire de la grâce divine. Dieu nous aime d’un amour sans égal. Il n’y a pas un pécheur impardonnable, car le Christ est venu pour le salut de tout homme, pour que tout homme soit sauvé. Voir un chef militaire qui revient au Seigneur, qui se convertit, cela ne peut qu’être le fruit de la grâce du Saint-Esprit. Ainsi, demandons incessamment cet Esprit. Celui-ci a le pouvoir de réaliser en nous au-delà de ce que nous pouvons imaginer mais à condition que nous puissions accueillir la grâce de son amour dans nos cœurs, accueillir tout ce qu’il dit et tout ce qu’il fait pour son Eglise.

La résurrection du Christ est une preuve qu’aucune personne, aucune chose ne peut s’estimer supérieur ou plus puissant que le Seigneur Dieu. Lui peut rendre possible ce qui nous est impossible. C’est ainsi que l’Ange Gabriel avait dit à Marie : Rien n’est impossible à Dieu. La mort ne peut pas avoir le dernier mot sur Dieu. Dieu est le maitre de la vie et de la mort de l’humanité. L’obscurité ne peut jamais enterrer la lumière, la vérité. Ce qui est de l’obscurité restera de l’obscurité, ce qui est de la lumière en restera autant. Frères et Sœurs, tôt ou tard la vérité finit par émerger des ténèbres. On ne peut jamais l’éteindre, en tout cas pas la Vérité et la Vie de Dieu.  Dans le récit de la résurrection, il y a d’abord Marie de Magdala qui se rend à l’aube au tombeau. Selon les habitudes juives, trois jours après l’enterrement d’un frère, les siens devaient se rendre au tombeau pour embaumer le corps sans vie du parfum et des aromates. Les Apôtres ne peuvent pas sortir par peur des juifs mais c’est cette femme dont Jésus avait chassé plusieurs démons qui prend le risque de sortir pour aller visiter la tombe de Celui qui lui avait montré beaucoup d’amour et en dépit des menaces de mort des opposants de Jésus le Ressuscité. Nous admirons le courage exceptionnel de ces femmes, piliers de nos Eglises, pour rencontrer le Messie au tombeau bien gardé par par les soldats bien armés. Arrivée au tombeau, Marie trouve la pierre roulée, le tombeau vide, elle n’a pu trouver que les linceuls, Jésus n’était plus là. Le même message : n’ayez pas peur ! Il est Ressuscité comme Il nous l’avait promis! Allez en Galilée ! Il vous rencontre là, dans vos milieux de vie et de travail ! Il est présent parmi nous, Vivant à jamais ! Aucune puissance terrestre n’égale le Maître ! Il a vaincu la mort ! N’ayez pas peur de ceux qui peuvent détruire le corps mais jamais l’âme des bien-aimés de Dieu, résistez à tout ce qui avilit l’homme et la femme, réjouissons-nous, car Il est Vraiment Ressuscité !

Le Seigneur est vraiment ressuscité, sa résurrection est la cause de notre salut. Sur cette terre, il n’y a pas un autre sauveur si ce n’est le Seigneur Jésus, le vrai Sauveur, le vrai Libérateur. C’est Lui seul qui peut nous délivrer de l’esclavage du péché. Si sur cette terre, il y a quelqu’un qui puisse se présenter comme étant un libérateur, celui-là n’est qu’un menteur. Le seul vrai guide, le seul vrai libérateur c’est le Seigneur Jésus, car il sauve sans intérêt, tout est gratuit chez Lui. Mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur que de compter sur les hommes !  La fete pascale constitue le socle de notre foi au Christ, il nous faut croire, car cela constitue le thermomètre de notre foi. Peuple de Dieu, admirons Celui qui nous appelle des ténèbres à son admirable Lumière. La lumière de Pâques.

Que le Christ ressuscité soit à jamais loué !

Mgr Toussaint Iluku

Evêque de Bokungu-Ikela

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