• 25 novembre 2020

Mgr Toussaint Iluku : « Pour avoir une vraie relation avec Dieu, il faut la conversion du cœur »

Mgr Toussaint Iluku Bolumbu, Evêque de Bokungu-Ikela, a chanté la messe du 3ème jour des travaux de l’Assemblée Plénière des Evêques de la CENCO, le mercredi 14 octobre 2020. A partir de l’épitre de saint Paul aux Galates 5, 18-28 et de l’évangile selon saint Luc 11, 42-46, l’évêque, l’officiant a plaidé pour une conversion de cœur. Suivons l’évêque :

Jésus déclare malheureux les pharisiens parce qu’ils observent des détails et oublient l’essentiel. Il les déclare malheureux aussi parce qu’ils se soucient des avantages extérieurs de leur position mais ne s’occupent pas de se convertir à l’intérieur d’eux-mêmes. Finalement, il déclare malheureux les docteurs de la Loi qu’eux-mêmes n’observent pas.

Jésus est allé diner chez un pharisien qui s’est étonné, sinon scandalisé, de ce que Jésus n’avait pas observé la purification rituelle des mains. La réaction de Jésus a été de dénoncer la pratique des pharisiens qui se préoccupent des purifications extérieures des objets mais ne se soucient pas de la purification intérieure. Dans notre texte, les dénonciations de Jésus continuent de même que l’opposition entre des gestes extérieurs et des attitudes intérieures.

Les pharisiens se soucient des détails et oublient l’essentiel, déclare Jésus. La Loi demandait la dime du blé, du vin et de l’huile (Ne. 13, 10-13) comme reconnaissance du Dieu créateur qui donnait le blé, les vignes et les oliviers. Mais les pharisiens multipliaient les applications de cette Loi, comme la dime sur la menthe et la rue qui est une plante qui pousse sans même être cultivée. Cette observance matérielle de la Loi leur donne bonne conscience mais leur fait laisser de côté l’essentiel comme, dit Jésus, la justice et l’amour de Dieu. Ces deux thèmes sont les premiers enseignements des premiers prophètes.

Amos, le premier prophète dont nous avons la prédication, a dénoncé avec violence les injustices sociales, l’exploitation des pauvres et une religion avec des gestes purement extérieurs. Pour lui, il n’y a pas de relation avec Dieu s’il n’y a pas de relation de justice avec le prochain.

Le prophète Osée, qui est venu après lui, a parlé de l’amour de Dieu comme de l’amour d’un père pour son petit enfant, un amour personnel et intime, un amour qui a de la compassion et de la tendresse, qui demandait comme réponse un amour semblable de la part des hommes. Il dénonce une religion de gestes purement extérieurs : C’est l’amour qui me plaît et non les sacrifices. (Osée 6,6)

Il est aussi conscient des injustices mais pour lui, il n’y aura pas de société juste sans l’amour de Dieu.

Amos parlait de la dimension horizontale de la relation avec Dieu : Osée parle de la dimension verticale.

Jésus a réuni ces deux aspects quand il a dit qu’il ne fallait pas séparer du commandement de l’amour de Dieu celui de l’amour du prochain. Mais pour avoir une vraie relation avec Dieu, il faut la conversion du cœur. En négligeant cela, les pharisiens avec leurs observances méticuleuses peuvent avoir une bonne conscience et présenter un extérieur impressionnant. Ils sont come ces tombeaux qui ont une belle apparence extérieure mais ne contiennent aucune vie.

Quel malheur pour vous, pharisiens, parce que vous aimez le premier siège dans les synagogues et les salutations sur les places publiques.  « Corruptio optimi pessima » (la corruption des meilleurs est la pire) disaient les Romains. Les pharisiens, qui devaient montrer aux autres l’amour de Dieu, sont devenus des amis hypocrites de Dieu. Dans l’Ancien Testament, Ezéchiel prophétise contre les faux pasteurs : Quel malheur pour les bergers d’Israël qui sont bergers pour eux-mêmes ! N’est-ce pas pour les brebis qu’ils sont bergers ? Vous, au contraire, vous buvez leur lait, vous vous êtes habillés avec leur laine, vous égorgez les brebis grasses, vous n’êtes pas bergers pour le troupeau. Vous n’avez pas rendu des forces à la brebis chétive, soigné celle qui était malade, pansé celle qui était blessée. Vous n’avez pas ramené la brebis égarée, cherché celle qui était perdue. Mais vous les avez gouvernées avec violence et dureté, (Ez. 34, 2-4).

Seigneur tu es le Chemin, la Vérité et la Vie. Je te rends grâce car tu as voulu te rendre présent dans ma vie par l’intermédiaire d’autres hommes, associant ainsi l’humanité à ton œuvre de salut. Soutiens-les dans leurs épreuves, donne- leur la force d’être fidèles et de se donner sans compter, éloigne  le péché de leur vie consacrée.

Mgr Toussaint Iluku Bolumbu

Evêque de Bokungu-Ikela

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