• 26 octobre 2020

S.E. Mgr Marcel Utembi: « Prendre soin d’un homme qui souffre, c’est soigner le Christ lui-même »

Le Comité permanent des Evêques de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a démarré le lundi 5 octobre 2020 au siège de Caritas-Congo Asbl à Kinshasa par une messe dite par Mgr Marcel Utembi Tapa, Archevêque de Kisangani et Président de la CENCO. Le site vous propose son homélie dans les lignes qui suivent.   

 Ga 1, 6-12

Lc 10, 25-37

 

Eminence,

Excellences,

Chers frères et sœurs,

La liturgie de ce lundi de la 27ème  semaine du temps ordinaire propose à notre méditation : les premiers versets de la lettre de l’Apôtre Paul aux Galates, et le passage de l’Evangile selon Saint Luc qui porte la parabole dite  « du Bon Samaritain ». Les deux lectures nous indiquent le chemin de la vie.

A propos de la première lecture, il faut noter l’exhortation de Paul aux Galates de ne pas accueillir un autre Evangile que celui du Christ. Paul fait face au défi de changement d’attitude des Galates. Il s’étonne du début de l’éloignement des membres de cette Communauté, par rapport à Dieu de qui ils ont reçu la grâce.

Ce qui a poussé Paul à s’exprimer ainsi, c’est son amour pour Dieu et pour sa parole, mais aussi son affection pour les Galates et son souci de leur bien spirituel. Car s’éloigner de Dieu, c’est emprunter le chemin de la mort.

Le passage de l’évangile,  lui part d’une question posée à Jésus par un Maître de la loi : que nous nous sommes peut-être déjà posée aussi : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? » (Lc 10, 25).

Cette parole dit  la dimension particulière de notre mission évangélisatrice qui est d’annoncer l’Evangile du Christ, d’indiquer la voie du salut, de  promouvoir les valeurs, de rechercher le bien-être, de dénoncer les antivaleurs, non seulement pour nos fidèles catholiques, mais pour tout le peuple congolais.

Le souci de nous réunir dans le cadre de notre collégialité pour réfléchir sur les orientations de notre pastorale commune peut être ramené à cette question : que devons-nous faire pour que le Peuple confié à notre sollicitude pastorale ait la vie ?

La réponse donnée par Jésus au Maître de la loi indique le chemin de la vie : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même » (Lc 10,27). En d’autres termes, le grand point de référence sur le chemin de la vie, c’est l’amour qui rapproche de Dieu et du prochain.

Mais, qui est mon prochain ? Pourrions-nous aussi demander.

La parabole du bon Samaritain nous en donne la réponse. Elle met en scène trois personnages  face à une même victime anonyme : deux membres du Peuple Saint officiant habituellement dans le temple, c’est-à-dire dans la présence immédiate de Dieu, et un Samaritain qui généralement était considéré comme païen ou étranger face au Vrai Dieu. Ce qui devrait le plus frapper notre cœur dans ce récit, c’est la spontanéité de l’initiative et l’entière gratuité de cet étranger : ce qui est accompli par le Samaritain pour « son  prochain » et qui le rend lui-même le « prochain » de celui sur lequel il se penche pour l’aider. Tout cela sans calcul.

Notre Seigneur nous interroge, lequel des trois a été le prochain ? C’est une question sur l’attitude que nous devons développer face aux multiples défis de misère, d’insécurité, de tant de violations des droits de l’homme et qui donnent à notre Peuple le visage de l’homme de la parabole : dépouillé par des bandits, blessé et abandonné à lui-même.

Il s’agit donc moins pour nous d’identifier les proches autour de nous, que de nous faire proches nous-mêmes, en investissant notre temps, notre cœur, nos énergies, pour soulager les misères humaines qui défigurent le Peuple congolais  et pour lui redonner conscience de sa pleine dignité.

Puissions-nous nous laisser guider par l’Esprit d’amour et de sagesse, qu’il illumine nos actions durant cette session du Comité Permanent.

Eminence,

Excellences,

Chers frères et sœurs,

Prendre soin d’un homme qui souffre, c’est soigner le Christ lui-même.

Qu’il suffise de relire le passage du Jugement dernier selon Saint Matthieu : j’avais faim, vous m’avez donné à manger, j’étais en prison vous êtes venus me voir…. (cf. Mt 25, 31-46).

L’attention portée à la souffrance et au besoin du Peuple qui nous est confié  exprime notre engagement envers Celui qui nous a appelés à répandre la lumière de sa grâce à toute créature et tout autour de nous. En effet, notre vocation de fidèles du Christ est d’être, chacun, ce bon Samaritain auprès de ceux qui souffrent.

Que le Seigneur nous donne la clairvoyance de ce que nous devons faire pour le prochain qui est le plus pauvre  de nos frères et surtout la force de l’accomplir.  AMEN !

Mgr Marcel UTEMBI TAPA

Archevêque de Kisangani

Président de la CENCO

 

 

 

 

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